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De la Fondation Abbé Pierre à la Fondation pour le Logement des Défavorisés : un changement de nom, pas de combat

De nombreuses personnalités apportent leur soutien à la Fondation pour le Logement des Défavorisés, qui a changé de nom après les révélations sur l'abbé Pierre. Leur tribune souligne l'importance de poursuivre le combat et, face à l'urgence, appelle à la générosité des Français.

Au moment où vous lisez ces lignes, 2 000 enfants dorment à la rue en France, plus de 350 000 personnes sont sans domicile et 15 millions de personnes sont touchées par des difficultés de logement. Rappelons aussi qu’un tiers des familles ont eu froid dans leur logement l’hiver dernier (elles étaient 14% en 2020). Ces chiffres sont vertigineux. Et l’urgence sociale est forte, car le logement constitue un besoin vital, un besoin premier.

Depuis plus de 30 ans, la Fondation pour le Logement des Défavorisés (ex-Fondation Abbé Pierre) lutte sans relâche pour aider, soutenir et accompagner les personnes mal logées. Pour sensibiliser aussi la société et interpeller les pouvoirs publics sur le fléau du mal-logement tout en inventant des solutions pour bâtir une société plus attentive, plus digne et plus respectueuse des personnes en difficulté. Chaque année, la Fondation finance plus de 800 projets, elle accueille des personnes sans-abri dans ses Boutiques Solidarité et Pensions de famille, elle finance des logements très sociaux, réhabilite des habitats précaires, accompagne au quotidien de nombreuses personnes mal logées.

En juillet 2024, la Fondation Abbé Pierre et le Mouvement Emmaüs ont fait preuve de transparence en révélant les graves accusations d’agressions sexuelles commises par l’abbé Pierre. Ils le devaient aux personnes qu’ils ont crues dès le premier témoignage recueilli. Ils le devaient également aux personnes mal logées et précaires qu’ils accompagnent, aux salariés et bénévoles qui œuvrent quotidiennement pour redonner espoir aux plus fragiles. Dans la foulée, la Fondation Abbé Pierre a annoncé sa décision de changer de nom ; par respect pour les victimes et pour préserver sa capacité d’action, qui aurait été entachée sans ce changement.

Il ne s’agit pas là de faire table rase du passé. Il est question d’écrire un nouveau chapitre de la Fondation, avec détermination et pugnacité.

Un aiguillon indispensable dans la lutte contre les exclusions

Le monde associatif occupe une place déterminante dans l’aide et le soutien aux personnes en situation de précarité dans notre pays. Il constitue également un aiguillon indispensable dans la lutte contre les exclusions. La Fondation pour le Logement des Défavorisés fait partie de ces organisations qui jouent un rôle essentiel dans notre société, en accueillant et soutenant chaque année des dizaines de milliers de personnes en difficulté, mais aussi en publiant des documents de référence dans le domaine du logement, tant pour les responsables politiques que pour les associations ou les citoyens.

Financée à 97% par la générosité des Françaises et des Français qui se sont toujours mobilisés à ses côtés, la Fondation peut agir en toute indépendance. Grâce à cette générosité, grâce à chaque don, même modeste, le combat peut ainsi continuer. Et pourtant, dans la foulée des terribles révélations sur l’abbé Pierre, le constat est dur : la Fondation a vu ses dons baisser nettement, risquant ainsi de fragiliser une partie de ses actions.

Si pour certains, la période difficile que vient de vivre la Fondation a pu troubler son image, pour d’autres — dont nous faisons partie — la transparence qu'elle a manifestée constitue une nouvelle preuve de son intégrité et de sa détermination à combattre toutes les formes d’exclusion. La Fondation a affronté cette épreuve avec courage, pour continuer à défendre ce en quoi elle croit, à savoir un monde plus fraternel et plus juste. Son combat contre le mal-logement, contre la pauvreté et les inégalités reste le même, et c’est celui que nous soutenons. Parce que leur détermination ne faiblit pas — et la nôtre non plus — nous continuerons de la soutenir, et nous appelons à un élan de soutien et de générosité pour lui permettre de continuer à agir avec force.

Pour le monde de la chanson :
Nolwenn Leroy (auteure-compositrice-interprète, actrice), Brav (auteur-compositeur-interprète), Cali (auteur-compositeur-interprète), Thomas Dutronc (musicien, chanteur), Féfé (rappeur, chanteur), Joyce Jonathan (auteure-compositrice-interprète, musicienne), Renan Luce (auteur-compositeur-interprète), Samaha - Shaka Ponk (chanteuse), Gauvain Sers (auteur-compositeur-interprète), Sonikem (auteur-compositeur-DJ-producteur), Vianney (auteur-compositeur-interprète).

Pour le monde du cinéma :
Eric Cantona (acteur), Sofiane Zermani (acteur, producteur, rappeur), Jamel Debbouze (acteur, humoriste), Gil Alma (acteur), Josiane Balasko (actrice, réalisatrice), François Berléand (acteur), Rachida Brakni (actrice et metteure en scène), Amelle Chahbi (actrice, humoriste), François Cluzet (acteur), Franck Dubosc (acteur, humoriste), Virginie Efira (actrice), Julie Gayet (actrice, productrice, réalisatrice), Annelise Hesme (actrice), Laurent Lafitte (acteur et réalisateur), Eric Lartigau (réalisateur), Benjamin Lavernhe (acteur), Maïwenn (réalisatrice, scénariste, comédienne, productrice), Edouard Montoute (acteur), Manu Payet (acteur, humoriste, animateur), Julie-Anne Roth (actrice), Jean-Paul Rouve (acteur, réalisateur), Sarah Suco (actrice), Philippe Torreton (comédien).

Pour le monde de l'humour :
Blanche Gardin (actrice, humoriste), Aymeric Lompret (humoriste), Eric Antoine (magicien, humoriste), Laura Calu (humoriste), Doully (humoriste et actrice), Anne-Sophie Girard (humoriste, comédienne), Guillermo Guiz (humoriste), Marc-Antoine Le Bret (humoriste), Amandine Lourdel (humoriste, comédienne), Guillaume Meurice (humoriste), Pablo Mira (humoriste), Akim Omiri (humoriste), Laurie Péret (humoriste), Thomas VDB (humoriste).

Pour le monde des arts et des médias :
agnès b. (styliste, mécène), Melissa Theuriau (productrice, journaliste), Fred Musa (animateur radio et TV), Pénélope Bagieu (autrice de bandes dessinées), Hedia Charni (animatrice TV et radio), Karima Charni (animatrice TV et radio), Nicolas de Tavernost (directeur général par intérim de RMC BFM), Michel Drucker (animateur), Jo di Bona (artiste graffeur), JonOne (artiste graffeur), Fayza Lamari (présidente d’Interconnected Ventures), Karine Le Marchand (animatrice TV), Vincent Mallié (auteur de bande dessinée), Emmanuel Reuzé (photographe, dessinateur de bande dessinée), Harry Roselmack (animateur, présentateur), Carole Rousseau (animatrice et productrice tv), Jordane Saget (street artiste contemporain).